Ami
Barak

Trajectoires de la peinture
une exposition de Jean-Pierre Jouffroy

centre d'art de Bonneuil-sur-Marne — 10 septembre-4 octobre 2026

Jean-Pierre Jouffroy, Un cœur gros comme ça (un hélico survole la rizière), 1967, huile sur toile

Peintre, graveur, sculpteur et critique d’art né en 1933 à Paris, mort à Arcueil en 2018, Jean-Pierre Jouffroy fut, avant tout, un passionné de peinture et des peintres. Cette exposition est un survol de l’œuvre puissante et typée de l’artiste, sans repères chronologiques. Il s’agit d’une présentation dense qui se veut un hommage et une occasion de rendre à nouveau visible des toiles manifestes. 

Grâce à cette sélection d’œuvres, l’exposition permet de prendre la mesure d’une quête picturale d’une rare intensité. Dans ses tableaux lumineux, Jean-Pierre Jouffroy explore le territoire de la peinture et bouleverse délibérément la distinction entre abstraction et figuration, dans une poursuite sensible des motifs obsédants –portraits, paysages, nus, d’un art toujours plus dense et plus fourni. 

Sa peinture se caractérise par des couleurs pures et vives et des compositions presque abstraites, zébrées de lignes fluides et souples. À travers ses œuvres, il exprime ses sentiments, d’une grande franchise et d’un optimisme remarquable. Durant plus de soixante-cinq ans d’activité soutenue, l’artiste mêle prises de conscience et avancées politiques et fait montre d’un univers artistique syncrétique, parcouru de dichotomies esthétiques reflétant la société et le monde que fut le nôtre dans la seconde moitié du XXe siècle et le début du XXIe. Jean-Pierre Jouffroy s’est toujours refusé aux conventions, passionné d’art et de politique il n’a jamais abandonné le sujet pour la forme.

Le titre de l’exposition est emprunté au recueil de textes critiques de Jean-Pierre Jouffroy, publié en 2010 aux éditions Delga. C’est aussi la première exposition de l’artiste dont le centre d’art porte le nom. 

Curateur Ami Barak

Jean-Pierre Jouffroy est issu de l'abstraction lyrique des années 1950 dont il est sorti en rebâtissant une figuration qui prétend n'utiliser aucun signe figuratif. 
De très nombreuses expositions dont quelques rétrospectives ont promené son œuvre en France et à l'étranger, œuvre présente dans de grandes institutions : musée national d'Art moderne, musée d'Art moderne de la Ville de Paris, Cabinet des Estampes, Brandeis University (Boston), Art Institute of Chicago, etc. 
Jean-Pierre Jouffroy a été lauréat de la société des Amis du musée d'Art moderne en 1957 et de l'Académie française en 1973. Il est familier de longues suites de gravures : cinquante planches pour “L’Enlèvement des Sabines” en 1969, cent planches pour “Quarante figures humaines” en 1983. En 1952, il remplace le bois par l’altuglas et la gouge par la fraise de dentiste. C’est dans cette technique qu’il a gravé les quarante planches pour “Au rendez-vous allemand” de Paul Éluard et on lui doit la maquette de l'ouvrage. Les vingt-sept poèmes, dont la parution originale date de décembre 1944 (Éditions de Minuit), n’avaient jamais connu d’édition illustrée de gravures originales.
 
En novembre 1998, Maurice Rheims, de l’Académie française, écrivait : Cela fait longtemps, près d’un demi-siècle, que j’observe avec admiration et émotion l’œuvre peinte, dessinée ou gravée par Jean-Pierre Jouffroy. On pouvait croire que l’artiste avait fini de nous émerveiller, jusqu’à l’exposition organisée dans l’immense bâtiment de la CGT aux dimensions de la Sixtine, délivré de toute pesanteur, qui permet à Jean-Pierre Jouffroy de s’en donner à cœur joie. Peintures aux dimensions pharaoniques, sorte d’éclats de rire, comme si Rabelais avait décidé de peindre. Pour moi, Jouffroy c’est tout à fait épatant.